22 Mars 2020

Huitième jour de confinement. Je n'écris pas une nouvelle apocalyptique mais bien la triste réalité de ce printemps. Confinés. Interdiction de sortir. En vase clos avec Zébulon (9 ans et 8 mois) et Ouistiti (5 ans et 4 mois) au 5ème étage de notre moulin, sans balcon parmis la montagne de cartons qui envahissent notre appartement de 50 mètres carrés en vue du déménagement de l'été prochain. C'est totalement surréaliste. Coronavirus. Covid-19. La maladie insinueuse qui grignote les poumons dont on doit absolument se protéger. Mondialement. Comme une impression de The Walking Dead. Les chiffres des morts s'égrainent à la télévision, plus anxiogène qu'informative. Le palpite s'emballe mais il faut rester zen, pour eux. Alors la vie s'organise pour faire comme si...à peu près. Le lavage des mains façon chirurgien est acquis. Le mètre de distance sociale, l'attestation de sortie bien ancrés. Une semaine que je m'improvise prof pour une Grande Section qui fait volte-face en décidant d'apprendre à lire et d'une CM1 autonome et sérieuse, toujours aussi fan de sa maîtresse qui lui envoit ses cours par mail. A la cool. Un jour à la fois. On s'invente de nouveaux rituels pour ne pas tourner en rond, pour ne pas devenir fou. Zébulon fait coucou à 18h tous les jours à sa voisine d'en face pour maintenir le lien. Ouistiti se prend de passion pour l'application sur la lecture syllabique. Je créé des groupes What'sApp avec le père et la belle-mère des maximonstres; avec la famille pour donner des nouvelles de notre quotidien cloisonné, faire le pitre, dédramatiser, passer le temps. Zébulon entretient une correspondance écrite avec deux copines de classe, sa bouffée d'oxygène dans ce drôle de quotidien. Ouistiti, fraîchement libéré de ses yo-yos, joue au petit poisson dans le bain, en solo, pour son plus grand plaisir. Je popotte, je brique l'appartement, je prends des nouvelles des gens que j'aime, je gère à distance mes stagiaires stressées malgré mon arrêt de travail pour garde d'enfants. C'est une atmosphère étrange mais à la fois, tout ce temps, ensemble, à faire les trucs qu'on a jamais le temps d'habitude. Le prendre avec philosophie...mais combien de temps cela va-t-il durer?

6 Avril 2020

On entame la quatrième semaine de confinement. La routine est bien ancrée entre les devoirs envoyés par les maîtresses, la Maison Lumni à la télévision, les films à regarder (mes maximonstres seront définitivement des geeks après avoir vu les Harry Potter et les Star Wars en boucle pendant cette période hors du temps), les essais de recettes en tout genre pour Ouistiti, les coucous à la fenêtre vers sa copine de classe pour Zébulon. Que retiendrons-nous de ce confinement? Les liens familiaux resserrés surtout avec ma grand-mère et mes parents, les applaudissements aux soignants à la fenêtre à  20h, Cyril Lignac et ses tutos recettes en direct tous les soirs, les attestations de sortie à écrire à la main car pas d'imprimante, Friends et The Big Bang Theory à la télé, les désinfections de toutes les choses que je ramène de courses suivi de la douche intégrale car tellement peur de la contamination, les gens qui me regardent bizarrement car je n'ai pas de masque, les parodies doublage de films sur Instagram de creustel, les pour et les anti théorie de Raoul, le décompte des jours et l'excitation comme si on allait à Disneyland pour le ravitaillement à Leclerc une fois tous les quinze jours, le bac et autres examens validés en contrôle continu, ma classe de CAP AEPE qui, en candidats libres, devront passer l'examen en septembre, les travaux de la maison qui avancent toujours -au ralenti, la fin du confinement prévu le 15 avril mais en fait, peut-être repoussé et le pire, c'est de ne pas savoir quand tout ça sera définitivement terminé. Restez chez soi. Sauver des vies. Pandémie. Et cette impression de vivre un tournant de l'Histoire. Mais que sera le monde d'après Coronavirus?